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Commentaire du Psaume 31
L'aveu du péché

            St Augustin  avait, paraît-il,  inscrit ce Psaume sur les murs de sa chambre, près de son lit de malade, avant de mourir. Ce Psaume le réconfortait. Ce Psaume débute par deux béatitudes : Heureux l’homme dont la faute est enlevée et le péché remis. Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense (v.1-2). Il se termine par une invitation à la joie : Réjouissez-vous en Dieu, exultez, les justes, criez de joie tous les cœurs droits. (v.11) Ce dernier verset sert d’ailleurs d’ouverture au Psaume suivant qui, en conclusion nous révèle le secret de cette joie : La joie de notre cœur vient de Lui, notre confiance est dans son Nom très saint. Que ton amour, Seigneur soit sur nous comme notre espoir est en Toi. (Ps 32, 21-22)

            Le Psaume 31 est une invitation à accéder à cette joie en renouvelant notre confiance au Seigneur. Tandis que le péché nous enferme sur nous-mêmes, grâce au pardon une relation nouvelle de confiance se crée et nous fait accéder à cette liberté profonde qui est le secret de la joie. Car le chemin du vrai bonheur passe par la reconnaissance de notre besoin de pardon. Dans ce processus qui nous conduit à la joie, le psalmiste décrit trois étapes. Au début c’est le silence de fermeture : Je me taisais et mes forces s’épuisaient à gémir tout le jour (v.3). Le Ps 35 va même jusqu’à dire que  c’est le péché qui parle au cœur de l’impie, il se voit d’un œil trop flatteur pour trouver et haïr sa faute (Ps 35,2-3). Ce silence, qui est mutisme mais aussi aveuglement, entretient la tristesse, multiplie la souffrance et conduit à la mort ma vigueur se desséchait comme l’herbe en été (v.4).

            Vient l’aveu du péché : Je t’ai fait connaître ma faute, je n’ai pas caché mes torts (v.5). Il ne s’agit pas seulement de se délivrer d’un sentiment de culpabilité mais de s’ouvrir à l’action de grâce : Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés (v.5). Comment rendre grâce en confessant son péché ? Je rends grâce car je permets à Dieu de se révéler comme Père, je me mets dans la juste relation de fils, je lui renouvelle ma confiance. En confessant ma faute je cesse de courir après le plaisir et les satisfactions personnelles ou de me complaire dans mes qualités d’organisation, de relation, de dévouement… mais je trouve ma joie en permettant à Dieu d’être Père pour moi, en lui permettant d’être Don, d’être Pardon, d’être Dieu, c’est-à-dire d’être tout pour moi, comme l’exprime le Ps 32 : Nous attendons notre vie du Seigneur (32,20).

            En reconnaissant sa faute, l’homme a rétabli le dialogue : Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés (v.5) et Dieu lui répond. Quatre verbes expriment cette réponse : Je vais t’instruire, te montrer le chemin à suivre, te conseiller, veiller sur toi (v.8). Le péché rendait aveugle et muet mais aussi sourd à toute parole de Dieu. La relation filiale rétablie, l’homme devient réceptif à l’enseignement divin. Découvrir sa vocation de fils, c’est faire de la volonté du Père sa nourriture. Nous retrouvons la première strophe du Ps 118 : Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur. Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur ! Jamais ils ne commettent d’injustice, ils marchent dans ses voies (v.1-3). Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements ! Ainsi je ne serai pas humilié quand je contemple tes volontés. D’un cœur droit je pourrai te rendre grâce, instruit de tes justes décisions (v.5-7). Le Ps 31 peut se terminer en affirmant : L’amour du Seigneur entourera ceux qui comptent sur lui (v.10). Si l’homme reconnaît son péché, Dieu l’entoure d’amour !

            L’évangile du mardi saint (Jn 13, 21…38) nous parle de Judas et de Pierre. En vain Jésus tente de réveiller l’amour au cœur de Judas en dévoilant son crime ; celui-ci refuse d’entendre, il sort, il faisait nuit ! À Pierre, trop sûr de lui, Jésus répond : Tu ne peux pas me suivre maintenant. Pierre n’est pas encore vraiment conscient d’avoir besoin du pardon de Dieu. Tu me suivras plus tard ! Plus tard, ce sera après son reniement et sa triple confession d’amour que Jésus pourra lui dire : Suis-moi !

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