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blason de tamié
Tamié depuis le don du terrain en 1132
jusqu'à l'arrivée d'autres moines en 1909

Présentation des documents disponibles aux formats : .doc, .pdf, .xls

L'initiative de la fondation d'un monastère cistercien dans le diocèse de Tarentaise revient à Pierre, premier du nom, ancien abbé de La Ferté. Il découvrit un lieu propice et le demanda à ses propriétaires les seigneurs de Chevron qui "donnèrent le domaine de Tamié à Dieu, à la bienheureuse Vierge Marie, à Jean abbé de Bonnevaux et à ses frères qui devaient s'y vouer au service de Dieu. Ils cédèrent tout ce qu'ils possédaient au
mont Tamié s'y étendant selon la direction que prend l'eau qui descend du sommet des montagnes sur l'un et l'autre versant jusqu'à la rivière qui coule au milieu de la vallée, à l'exception de quelques fiefs, mas et fermes qui sont occupées par eux."
Le contexte de la fondation mérite d'être étudié.
Cette donation eut lieu l'an de l'Incarnation du Seigneur 1132.
En 1615 il fut relevé "sur un ancien martyrologe" la mention suivante : "L'an 1133, le quatorze des calendes de mars, arrivée des moines de Bonnevaux à Tamié, avec Pierre comme abbé" soit le 16 février 1133 (Archives départementales, cote : B1692)  

Janauschek Leopold dans Origines cisterciennes, Vienne 1877, dans la notice sur Tamié indique la date de 1134, prétendant que le début de l'année était comptée à Pâques, alors qu'à cette époque, dans le comté de Savoie, il semble bien qu'elle l'était à Noël, alors que dans le diocèse voisin de Genève, elle était déjà du style pascal.

D'autres donations suivirent, mais les chartes originales ont disparu. Il se trouve des copies partielles :
- L'Inventaire général des Titres de la dévote abbaye de Tamié, dressé à partir de 1650 donne une liste très résumée autour de la Fondation de 1132. Des chercheurs actuels trouvent que certaines donations sont plus récentes.
- Duparc trouva un fragment de cartulaire de Tamié entre 1162 et 1210.

- En juin 1727 le Président du Sénat de Savoie copia des pièces aux archives de Tamié pour justifier des droits du duc de Savoie à nommer l'abbé de ce monastère, constituant ainsi le chartrier le plus étendu qui nous soit parvenu, mais ne comportant qu'un petit nombre de pièces.
Un dessin de l'ancienne et de l'actuelle abbaye fut exécuté en 1710, mais on ne sait pas quelle est l'exactitude de l'oeuvre, vue qu'à cette époque les bâtiments étaient en grande partie démolis pour servir à la reconstruction des actuels, à partir de 1679 et terminé vers 1705.
La première église de Tamié dédicacée en 1153 par Pierre ancien abbé devenu archevêque de Tarentaise était de style roman, comme celle toute proche que l'on peut admirer à Cléry.
Les documents originaux étant perdus, des historiens ont voulu en combler les trous, ce qui peut être remis en cause par une étude plus critique.

Un demi-millénaire
Tamié, petite abbaye en pays de montagne traversa un demi millénaire avec des hauts et des bas.
Les Cisterciens réalisèrent plusieurs fondations dans la région de Tamié, particulièrement au 12ème siècle.

Au long des siècles
L'état des communautés monastiques en Savoie au début du 17ème siècle laisse entrevoir la nécessité d'une réforme. Le 11 avril 1897 saint François de sales, évêque de Genève, résidant à Annecy, écrit au nonce de Turin, Jules César Riccardi : "Jamais je ne cesserai de presser, voire même crier, afin d'obtenir par les entrailles de Jésus Christ que l'on prenne des mesures pour la réforme ou le changement des religieux des abbaye d'Aulps, d'Abondance, et d'autres encore qui sont en cette province des séminaires de scandales."
À Tolosa qui remplaça Riccardi à Turin, il redit encore fin 1603 : "Le relâchement de tous les monastères de Savoie, excepté les Chartreux est tellement invétéré qu'un remède ordinaire ne suffirait pas à les assainir. Il faudrait un réformateur de grande autorité et prudence et muni de pouvoirs absolus et sans appel, car les moines sont très expérimentés et habiles dans la chicanes." Au pape Clément VIII l'évêque tient le même langage : "Il est très affligeant qu'entre plusieurs monastères de divers Ordres établis dans ce diocèse, on en puisse à peine trouver un seul où la discipline ne soit ébranlée et même tout à fait foulée aux pieds."
Dans "l'état de son diocèse" qu'il écrivit en 1606 et fit présenter au pape Paul V, François de Sales revient sur le même sujet. "C'est une chose surprenante combien la discipline est ruinée chez tous les réguliers des abbayes et prieurés de ce diocèse, j'en exempte les Chartreux et les mendiants. L'or de tous les autres est converti en ordure et leur vin est mêlé avec de l'eau ou plutôt il est tourné en poison, aussi sont-ils la cause que les ennemis du Seigneur blasphèment en disant chaque jour : Où est le Dieu de ces gens-là ?"
Le 2 mars 1617 il écrit à son frère le chanoine Jean-François de Sales : "C'est une grande besogne d'avoir à faire à des religieux qui remueront toutes choses par après pour empêcher les efftes de notre intention, quoi que juste et sainte. Nous avons l'exemple de Monseigneur de Tarentaise (Mgr de Germonio), plus fort, plus habile et plus hardi que nous et qui n'avait à faire qu'à un seul couvent (Tamié)".

La réforme trappiste fut introduite à Tamié en 1677 par dom dom Jean-Antoine de la Forest de Somont, aidé par dom Jean-François Cornuty, avec l'aide de l'abbé de Rancé à La Trappe.
Les ducs de Savoie se croyant autorisés à nommer un successeur à la suite du décès de l'abbé de Tamié, ils firent procéder à des inventaires détaillés des biens de l'abbaye, ce sont les procès-verbaux des visites-saisies effectuées en 1659, 1701, 1707 et 1727 les procès-verbaux des visites saisies.
Dans la grande tradition cistercienne les moines de Tamié se montrèrent généreux envers tous ceux qui se présentaient à la porte du monastère pour implorer un secours. Le peu de pièces comptables venues jusqu'à nous conservent des traces de ces aumônes.

La visite de l'archevêque de Tarentaise, à Tamié en 1633 a été l'occasion d'un inventaire de la sacristie.
Les Frères Joseph Molly et Joseph Chiron établir en 1706 une carte des lieux où l'abbaye de Tamié a possédé et possédait des revenus depuis l'origine.
Au cours des siècles des allusions sur Tamié furent notées.

De rares documents faisant allusion à des questions économiques signalent des aumônes distribuées par les moines de Tamié.

Victor-Amédée II duc de Savoie séjourna à Tamié en 1711, une relation a été en partie conservée.
Les moines luttèrent pour conserver leur droit d'élire eux-même leur abbé, alors que les ducs de Savoie voulaient le nommer. Ce sont les moines qui eurent gain de cause en 1730.
Un registre des prises d'habit de  1691 et 1792 a subsisté.

Les archives de Tamié possèdent un manuscrit de dom Nicolas Cotheret, bibliothécaire de son abbaye qui rédigea des Annales de Cisteaux. Il y est fait allusion à Tamié et à sa région.              
 
La Révolution
La Savoie faisant partie des États du duc de Savoie et roi de Sardaigne, ne fut pas affectée directement par les événements de 1789 en France. Par contre la population pris conscience progressivement qu'il y avait des changements à effectuer dans la société et le manifesta. Concernant Tamié, en 1790 il y eu une révolte des paysans de Mercury (village proche de l'abbaye.
L'abbé de Tamié était dom Gabet et son destin exceptionnel nous a valu une biographie détaillée : ne fût-il pas le seul abbé accepté par Napoléon dans toute l'étendue de son Empire ?

Il se trouve aux Archives de Tamié plusieurs manuscrits présentant un grand intérêt historique et non encore transcrits :
- Inventaire général des titres de la dévote abbaye de Tamié ;
- Règlements de dom Jean-Jacques Bourbon, abbé de 1757 à 1767. Ce texte de 1762 est proche de l'édition de 1701 des constitutions de la Trappe ;
- Catalogue partiel du 18ème siècle de la bibliothèque  de Tamié.

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