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Blason de Tamié
Brève histoire de Tamié
de 1132 à 1909
et de sa communauté depuis 1817

 

L'Histoire de Tamié a été étudiée et publiée :

* Par Eugène Burnier, en 1865

* Par Joseph Garin, en 1927

* Par Jean-Bruno Martin, en 1982

 

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* Tamié de 1132 à 1909

* La communauté à Tamié

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Litho. par un Religieux [par P. Fulgence Blériot, moine de Tamié] 1865

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Tamié est une abbaye cistercienne de France (département de Savoie, proche d'Albertville, commune de Plancherine), fondée le 16 février 1133 au diocèse de Tarentaise, (aujourd’hui Chambéry), à la demande de Pierre I°, ancien moine de Cîteaux, devenu abbé de la Ferté, puis archevêque de Tarentaise. Il chercha un emplacement favorable à une fondation dans son diocèse. Il demanda le vallon de Tamié à ses propriétaires, les seigneurs de Chevron qui le lui cédèrent en 1132. Il entreprit ensuite les démarches auprès des moines de Bonnevaux, abbaye fondée en 1119, septième fille de Cîteaux, pour y envoyer une colonie.

L’abbaye de Tamié est située à 900 m d’altitude, dans le voisinage d’un col. La route du moyen-âge ne passait pas très loin, en contrebas du monastère et sa proximité était ressentie comme un inconvénient. L’emplacement fut accepté, sans doute parce que les possibilités de choix étaient limitées. Il y avait des terrains déjà mis en valeur à proximité des futurs bâtiments et il fallut solliciter des dons ou procéder à des échanges pour constituer un espace suffisant de solitude.

Pierre II originaire du Dauphiné, entra jeune à Bonnevaux. Il fut désigné pour être le premier abbé de Tamié. On ne conserve de lui aucun écrit. Il resta à la tête de sa communauté jusqu’en 1141. À cette date le siège de Tarentaise se trouva vacant et ce fut lui qui recueillit les suffrages du clergé et des fidèles le désirant pour leur évêque. Pierre se récusa. Mais sur les instances de saint Bernard et du Chapitre général de l’Ordre, il finit par accepter. Il se donna alors avec zèle à sa nouvelle tâche, réforma le clergé de son diocèse, s’occupa des pauvres. Vers 1153 il fut à l’origine du monastère cistercien du Betton pour les moniales. Il fut homme de paix et de réconciliation, pour ceux qui étaient proches mais aussi pour ceux qui étaient loin : le pape et l’empereur, les rois de France et d’Angleterre. Il mourut en 1174 à l’abbaye cistercienne de Bellevaux en Franche-Comté, là même où 643 ans plus tard sera fondée une nouvelle communauté qui recueillera ses reliques et les ramènera avec elle à Tamié. Pierre II de Tarentaise est l’un des trois seuls saints officiellement canonisés de l’Ordre de Cîteaux, avec saint Bernard de Clairvaux (cf. Catholicisme, t. 1; col. 1474-1481) et saint Guillaume, archevêque de Bourges (cf. Catholicisme, t. 5, col. 377).

L’abbaye de Tamié était petite. Elle n’abrita toujours qu’un nombre restreint de moines. Elle connut des hauts et des bas dans sa ferveur religieuse et sa prospérité économique et ne semble pas avoir trop souffrir de la commende, le choix de plusieurs abbés par les autorités civiles se révélèrent judicieux. Les moines réussirent à s'en débarrasser en 1730.

L’étape marquante de cette première période fut l’introduction de la réforme de Rancé à Tamié, en 1677, sous l’abbatiat de dom Jean-Antoine de la Forest de Somont (1665-1701), puissamment aidé par dom Jean-François Cornuty, devenu abbé à son tour (1701-1707). Rancé lui écrivait le 8 octobre 1683 : “Je vous avoue que je regarde Tamié comme La Trappe.” Ce retour à plus de régularité se concrétisa par la construction des bâtiments actuels (1679-1703 env.).

Tout le 18° siècle Tamié connu une ferveur qui contrastait avec le relâchement des abbayes cisterciennes de Savoie. En 1789 dom Gabet fut élu abbé. Deux ans après, le gouvernement révolutionnaire français envahit la Savoie. Des lois confisquant les biens de l’Église, établissant la Constitution civile du Clergé, supprimant les Ordres religieux furent promulguées, calquées sur celles de France. La plupart des membres de la communauté de Tamié refusa de se disperser et fut une des rares à vouloir continuer la vie monastique en s’exilant. En avril 1793, espérant revenir à Tamié, elle se réfugia au Piémont, d’abord à Turin, deux ans, puis à Grassano près d’Asti, jusqu’au 8 décembre 1798 où l’on perd sa trace : peut-être les difficultés économiques, la disparition de l’espoir de revenir en Savoie, contraignirent la dizaine de moines restants à se disperser.

Le col du Mont-Cenis entre la France et l’Italie, à plus de 2000 m d’altitude, était alors très fréquenté surtout par les armées, mais difficile et dangereux une grande partie de l’année. Napoléon voulut y rétablir un hospice pour le service des voyageurs et pensa que seuls d’anciens moines pourraient être capables de supporter toute l’année les contraintes de vie liées à ce travail. Dom Gabet fut sollicité par le sous-préfet de Maurienne pour prendre la direction de l’Hospice en 1801. Il fit appel à ses anciens confrères. Il fut pendant un temps le seul abbé officiellement reconnu dans l’Empire. La communauté, alors de droit diocésain, suivait la règle de saint Benoît avec des accommodements pour permettre aux religieux d’être disponibles pour le service des nombreux passants ayant besoin de secours : guides dans la tourmente, soins aux malades, accueil de nuit, repas. En 1821 la communauté s’agrégea à la congrégation bénédictine du Mont-Cassin. Cet épisode du Mont-Cenis fut à l’origine de la légende qui attribuait comme but à la fondation de Tamié au 12° siècle, de servir de refuge aux voyageurs franchissant le col pourtant sans danger.

Les bâtiments de Tamié furent vendus comme biens nationaux en 1800. Non utilisés ils ne furent cependant pas démolis. Le roi Charles-Félix qui avait racheté l’abbaye d’Hautecombe en 1822, racheta encore Tamié en 1828 et en fit don à l’évêché de Chambéry. Des missionnaires diocésains, puis les Frères de la Sainte-Famille de Belley, s’y installèrent mais sans succès. Finalement un groupe de cisterciens de l’abbaye franc-comtoise de la Grâce-Dieu vint en prendre possession en 1861.

Ces moines provenaient d’une communauté fondée en 1817 dans l’ancienne abbaye de Bellevaux, département de la Haute-Saône, par trois anciens de l’abbaye de Sept-Fons : dom Eugène Huvelin et les frères convers Hyppolite Minet et Sabas, Coquard reprenant la réforme de dom Eustache de Beaufort qu’ils avaient pratiquée avant la Révolution. En 1830 la communauté fut rattachée à l’Ordre, dans la filiation de N.-D. du Gard (abbaye transférée en 1845 à Sept-Fons) et quelques semaines plus tard elle fut expulsée et spoliée de ses biens. Elle resta quatre ans en Suisse dont trois à Géronde (Valais) avant d’acheter, en 1834, une ancienne exploitation au sud de Besançon qui fut aménagée : le Val Sainte-Marie. Le Chapitre général de 1846 décida sa fermeture, mais l’évêque de Besançon s’y opposa victorieusement. La maison devenue trop petite, la possibilité de racheter l’ancienne abbaye de la Grâce-Dieu se présentant, les moines l’acquérirent en 1844 pour s’y installèrent en 1849, ayant pu élire leur premier abbé dom Benoît Michel en 1847.

De Tamié les moines furent expulsés par les lois de 1880 mais ils purent discrètement revenir quelques mois plus tard. Cependant le climat politique était tel que le prieur dom Ephrem préféra partir en 1883 avec père Fortunat et les frères convers François et Joseph, fonder en Chine Notre-Dame de Consolation. Cette abbaye, passée dans la filiation de Sept-Fons, devint la mère des maisons de l’Ordre en Extrême Orient.

Après 1861, plusieurs moines de Tamié furent rappelés à la Grâce-Dieu et le recrutement se faisant rare, la communauté s’ammenuisait. Il y eut le projet de fermer cette maison en 1881 qui n’aboutit pas. En 1905 le Chapitre général décida sa suppression : “la situation n’était pas brillante ni au temporel ni au spirituel”. Le clergé de Savoie s’opposa efficacement à cette décision.

Cependant en 1909, à la suite de difficultés économiques, la communauté de la Grâce-Dieu crut bon de vendre ses propres bâtiments et de venir se replier à Tamié provisoirement, avant de pouvoir s’établir à Hautecombe. Ceci ne put se réaliser car ce monastère appartenait à la Commune Observance et non à la Stricte Observance de Cîteaux. Tamié redevint alors abbaye en 1911. En quelques années la communauté périclita et il fut de nouveau question de la fermer. Un moine de Timadeuc : Père Alexis Presse (Cf. Catholicisme, tome 11, col. 854-855) y fut envoyé comme supérieur en 1923 et en fut élu abbé en 1925. Il la releva “au point de vue matériel, au point de vue du personnel et au point de vue du spirituel” selon la constatation de dom Chautard.

La région de Tamié est favorable à l’élevage, et le fromage y a toujours été fabriqué, même si les procédés furent différents, jusqu’à devenir la principale activité des moines et leur première source de revenus.

Après le concile Vatican II Tamié eut un rôle à jouer dans le renouveau liturgique, notamment par la composition de chants en français. Il y eut aussi l’augmentation, provenant de personnes de l’extérieur, de la participation aux offices, de la demande de direction spirituelle, de temps de retraite à l’hôtellerie, ainsi que du passage des touristes. Tout cela contraignit la communauté à aménager de nouveaux locaux pour faciliter ces différents services tout en préservant la solitude pour les moines.


Bibliographie

Janauschek (Léopold), Origines cistercienses, Vienne, 1877, p. 30-31.

BRULTEY, Saint Pierre de Tarentaise, ses miracles, ses reliques, son culte, Besançon, 1874.

[DIMIER Anselme], Saint Pierre de Tarentaise, essai historique, par un moine de Tamié, Abbaye de Ligugé (Moines et Monastères), 1935.

BURNIER (Eugène), Histoire de l’abbaye de Tamié, Chambéry, 1865.

GARIN (Joseph), Histoire de l’abbaye de Tamié en Savoie, Chambéry, 1927.

BERNARD (Abbé Félix), L’abbaye de Tamié, ses granges, 1132-1793, Grenoble, 1967.

MARTIN (Bruno-Jean), Histoire des moines de Tamié et de quelques autres, Saint-Étienne, 1982.

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Cette histoire de Tamié peut se décomposer en plusieurs chapitres selon l'importance des documents disponibles pour l'historien

1 - Saint Pierre de Tarentaise  Fondateur et premier abbé de Tamié - Archevêque de Tarentaise.Logo SPT


 
2 - Tamié de 1132 à 1909 
- Le temps des moines de 1132 à 1793 Blason Tamié
- Intérim de 1793 à 1909 Armoiries de Tamié
3 - La communauté actuellement à Tamié
       - Fondée à Bellevaux en 1817 blason - bellevaux
       - Exilée à Géronde en 1831 
       - Arrivée au Val-Ste-Marie en 1834
- Installée à La Grâce-Dieu en 1849
- Définitivement à Tamié en 1909  logo de tamié.

 

 

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